CHAMPIONNAT DU MONDE AMATEUR 2004 - BANGKOK - www.ffmda.com
Les championnats du Monde de Muay Thai contre la drogue ont eu lieu du 5 au 12 novembre 2004 à Bangkok.
Bangkok 10 heures du matin ce 11 novembre 2004, le soleil est déjà haut dans le ciel de la mégapole thaïlandaise, entrée depuis plusieurs semaines déjà dans la saison sèche. La délégation française au complet profite du hasard du calendrier (jour férié en France également) des compétitions qui mettent les boxeurs au repos, avant les finales prévues le 12 novembre, pour se rendre au Wat Benchamabophit, le temple de marbre. Le choix de se retrouver dans ce Wat n’est pas banal. Tous ceux qui ont vécu les débuts du Muay Thaï en France se souviennent de cette photo, aujourd’hui historique, gravée en 1979 sur les marches en marbre de ce Wat, et publiée dans un magazine spécialisé. 1979-2004, 25 ans déjà, on y voyait des pratiquants de Karaté français que la saine curiosité martiale avait décidé à se rendre à Bangkok à la découverte de cette boxe d’exception, mal connue, à la réputation infernale. Sur cette photo, Gilles Belloni, Jacques Mairesse et quelques autres…
Des pionniers, qui après quelques semaines de stage dans un Gym proche du Wat Phô, non loin de
Aujourd’hui, en 2004, la promotion du Muay Thai n’est quasiment plus à faire…
À Bangkok, près de 70 délégations nationales sont représentées pour ces Championnats du Monde de Muay Thai, particulièrement dirigés contre la drogue, sujet hautement sensible en Thaïlande comme ailleurs. Mais pour l’heure, après l’évocation de ces moments historiques et les photos souvenirs dans le Wat, l’attention se porte plus sur ce qu’il reste à faire : se mettre et rester en condition de gagner les deux finales dans lesquelles figurent Thomas Dupuy et Mounir Bouti. Alors, dans la chaleur extrême qui règne sur le Wat, chaque geste rappelle aux combattants finalistes qu’il faut gérer le risque de déshydratation… sous le contrôle d’Éric Tapiero, le médecin fédéral. Le jus de canne ou l’eau minérale à 5 bath, bien frais, sont fort appréciés des deux finalistes comme de ceux dont le parcours s’est arrêté la veille en demi-finale. La délégation française, forte de 6 combattants, faisant un bilan à ce stade de la compétition, compte déjà 3 médailles de bronze : Fabio Pinca, Adel Louail et Grégory Choplin. Seul Redwan Ameur n’a pas passé le deuxième tour face il est vrai au futur finaliste, l’Écossais Alexander Sneddon. Malheureux Redwan, privé de demi-finale, mais qui a montré d’énormes qualités dans son premier combat, gagné très nettement aux points, contre le Finlandais Eitu Kuneinem. Dans son combat décisif pour espérer ramener une médaille, Redwan va trop tarder à rentrer dans le match, laissant son adversaire écossais prendre une trop grande avance, notamment durant le 1er round. Dans son coin, ses coaches, Hassan Gaye et Farid Villaume vont pourtant le motiver, le pousser, mais ce retard il ne pourra plus le combler malgré un 4e round, remarquable de technique, largement à son avantage. Pour Redwan, la leçon est très claire, en boxe amateur le combat commence dès le premier coup de gong, sans round d’observation, à fond jusqu’au gong final. À ce stade de la compétition, les satisfactions évidentes de la sélection française sont d’abord à mettre au compte de la préparation des boxeurs. Tous au poids sans problème, ils donnent sur le ring le sentiment que la forme est là. Chaque matin, dans un espace organisé pour la circonstance par l’IFMA, sur une des terrasses de l’hotel Alexander, les coaches font travailler les combattants. Les programmes sont adaptés au calendrier des compétitions de chacun. Le résultat est là, les gars sont bien physiquement, techniquement aussi, pour preuve, les 3 médailles de bronze engrangées à ce jour, plus de l’argent ou de l’or à venir… On verra demain 12 novembre.
Les championnats ont débuté, il y a une semaine maintenant, par une cérémonie remarquable, à la hauteur de l’événement. Jamais avant ce 5 novembre 2004 un nombre aussi important de boxeurs n’ont été réunis, confirmant le développement de la discipline à travers le monde et justifiant le légitime souhait de devenir discipline olympique dans un délai raisonnable. S’occuper de plus de 700 boxeurs et boxeuses et de leurs accompagnateurs demande une organisation sans faille, comme l’ont démontré les autorités thaïlandaises et le WMC. Après les discours d’usage, sous la présidence du vice-premier ministre Suwat Liptapanlop, la compétition pouvait commencer. Une fois le serment fait, sur le ring, par le corps d’arbitrage, de juger dans l’impartialité, le premier coup de gong pour le premier combat a retenti. L’impatience commençait à gagner les combattants. Pour
Tous les espoirs sont permis, les deux finalistes Thomas Dupuy et Mounir Bouti ont fait un parcours remarquable, sans faute. Étonnant Thomas, rien n’indique que ce caractère très réservé cache une machine à combattre redoutable. Et pourtant, Thomas va remporter ses combats de la plus belle manière, dominant dans tous les domaines, d’abord l’Américain Stephen Strotmey, comme à l’entraînement, et ensuite l’Espagnol Gregorio Rodriguez qui a reçu une véritable leçon de Muay Thai. Mais le plus fort, Thomas nous l’a gardé pour la finale. Le styliste qu’il est a couronné son parcours par un KO, net et propre, dans la 2e reprise contre le Canadien Darren Robson qui a fait les frais d’un punch que l’on ne soupçonnait pas chez Thomas. Faut pas lui laisser d’ouverture à Thomas, il sait comment l’utiliser… Installé sur la plus haute marche du podium, Thomas Dupuy pouvait être fier et heureux de sa médaille d’or quand la marseillaise a retenti, mais ne s’est pas pour autant départi de sa réserve naturelle. Dans le combat suivant, Mounir Bouti, lui aussi, ne pouvait pas décevoir. Il fallait faire aussi bien que Thomas, gagner sa finale. Ce fut moins « facile ». Esbolsynov Nurtai, pur produit de la redoutable école de Muay Thai du Kazakhstan, dur aux coups, mental d’acier, technique sans lacune, va se vider les tripes dans un combat d’anthologie, probablement le plus beau de ces championnats qui en ont vu pas mal, notamment la finale féminine entre